Changer ses habitudes alimentaires, facile ou non ?

Changer habitudes alimentaires

Changer ses habitudes alimentaires : facile ou pas ? Ah et bien ça dépend. Des gens, des histoires de vies, des préférences de chacun, des profils alimentaires… Alors je te propose de regarder concrètement ce que porte l’alimentation en elle pour mieux comprendre. Ces éléments sont à prendre en compte dans un accompagnement de santé globale, car sinon il existe le risque de se prend un mur. Ces principes sont les postulats de base de la formation en thérapie alimentaire créée par Gabriella Tamas et que j’ai choisi de suivre cette année.

1- L’alimentation n’est pas rationnelle

Nous ne sommes pas des robots, nous ne sommes pas non plus des estomacs sur pattes : nous avons des émotions, des envies qui varient selon le jour et l’humeur, « nous sommes guidés par le plaisir » explique le Pr Trémolières, nous ressentons. Il est difficile pour la science de nous dire quoi manger pour nous sentir bien.

Par exemple, consommer un même plat nutritionnellement « parfait » dans 2 environnements différents :

  • seul·e au milieu d’autres dans le restaurant d’entreprise bruyant dans une période de boulot chargée
  • ou bien entre ami·e·s dans un moment de détente,

il est possible que la digestion ne se passe pas pareil, que le plaisir et la satisfaction ressentis ne soient pas les mêmes…

2 – L’alimentation est individuelle

Il n’y a pas de règles générales, d’assiette “one-size-fits-all”. Ce qui est adapté pour une personne peut ne pas convenir du tout à une autre. C’est pour cela que les modes se fanent, car s’il y avait une alimentation miracle et adaptée à tous, on le saurait depuis longtemps. Une mode c’est ça : une personne trouve quelque chose qui lui convient, pense alors qu’elle a trouvé le Graal, et donc veut l’imposer à tout le monde. Bof.

L’individualité de l’alimentation amène à enlever ses œillères et faire sauter ses croyances en matière de nutrition :

  • pour moi, car sur le terrain, je vois de tout, dont des sorties de sentiers battus que je n’avais pas du tout vu en naturopathie classique,
  • pour vous : si quelque chose vous convient, vous donne de l’énergie et vous nourrit profondément, on s’en moque si ça “sort du lot”, si “c’est pas comme ça qu’on fait”. C’est vous, vous êtes unique. Ça enlève ici une couche d’auto-jugement.

3 - L’alimentation est émotionnelle

Qui n’a pas un souvenir ému d’un plat de l’enfance ? Et à chaque fois que tu remanges ce plat, tu te raccroches à cet univers et à cette époque. C’est ce que les grands chefs cuisiniers cherchent à créer dans leur cuisine, quelque chose qui t’emmène ailleurs, dans le monde ou dans un autre temps, qui te surprenne… Elles et ils ne te proposent bien souvent pas une carte avec les macro- et micro-nutriments des plats, mais des noms poétiques, évocateurs…

alimentation et émotions

 

Et puis l’alimentation est aussi utilisée pour gérer ses propres émotions ou des situations spécifiques indépendantes de la faim. Par exemple, avoir besoin d’un doudou en cas de douleur, sous la forme d’un bol de chocolat par exemple, pour combler un besoin de réconfort. L’alimentation est alors un outil parmi d’autres pour ça, ça aurait pu être un bain chaud, un coup de fil à une personne chère, etc.

4 – L’alimentation est culturelle

Cultures nationales, régionales, sociales, familiales, religieuses… Cela se reflète sous la forme d’habitudes spécifiques, de règles de type “cet aliment est convenable”, “cet aliment est exclu”, ou alors dans ce qui est pratique, ce qui est logique aussi.

Des traits communs à plusieurs cultures : l’alimentation pour partager, pour célébrer, pour se retrouver et se réunir.

Mais il y a aussi des cultures délétères, comme celle de l’obsession de la minceur et du business des régimes qui ont fait entré dans la tête des gens des tas de croyances et de règles généralistes, inadéquates la plupart du temps, parfois dangereuses, souvent contradictoires… Un exemple : la valeur d’une personne est directement liée à sa minceur.

5 - L’alimentation est le reflet de sa relation à soi, à sa vie, à la vie...

C’est à dire que le rapport à la nourriture d’une personne lui parlera de ses peurs, de ses envies, de ce qu’elle s’autorise ou non… La qualité de présence qu’elle accorde à son assiette est la même que dans son rapport aux autres… Les habitudes alimentaires sont une porte qui s’ouvre sur la connaissance de soi. “Tout est dans tout” en somme…

Cela signifie que changer ses habitudes alimentaires veut dire qu’il y aura aussi des changement dans la vie. Et que l’inverse est vrai aussi : changer quelque chose dans sa vie peut retomber en flocons de neige sur les habitudes alimentaires. Tu changes quelque chose dans un coin et c’est tout ton système qui se rééquilibre pour intégrer la nouvelle information. Intéressant, non 😉

changer son alimentation

Conclusion : changer ses habitudes alimentaires

Ce qui peut-être associé à l’alimentation peut très largement sortir du cadre des micros-macros et calories, car les intrications sont profondes et diverses. Notre assiette est la somme de tout ça et nous reflète. L’alimentation d’une personne ne parle que d’elle. Changer ses habitudes alimentaires peut ne pas se faire en 5 min mais demander un accompagnement sur-mesure, adapté au rythme de la personne, qui considère toutes les dimensions de l’alimentation et du rapport de chacun·e à la nourriture.

Qu’en penses-tu ? Pour toi, changer ses habitudes alimentaires, c’est facile ou non ?

Un commentaire ? Une question ? Ecris-moi ici.

Tu te poses des questions sur ta santé et ton alimentation ? Laisse-moi t’accompagner.

Source(s) :

  • Gabriella Tamas d’après le Pr Jean Trémolières (Interview)
  • Les femmes, la nourriture et Dieu, Geneen Roth, ed. Livre de poche

Crédits photos : Vitolda Klein on Unsplash/Nica Cn on Unsplash/ Giphy